Une importante réunion s'est tenue ce lundi à Moscou en présence de membres du gouvernement russe, parmi lesquels le premier ministre Vladimir Poutine et le premier vice-premier ministre en charge des questions économiques et sociales, Igor Chouvalov; du PDG d'AvtoVAZ, Igor Komarov; du président du groupe public russe Rostekhnologii, Sergey Chemezov et du secrétaire général adjoint du groupe Renault, Christian Estève. L'objet de la rencontre consistait à discuter des possibilités de développement d'AvtoVAZ et des moyens nécessaires à leur mise en application. Le premier ministre mettant d'emblée les choses au point en déclarant que l'hypothèse de voir LADA sombrer dans la faillite est totalement inadmissible à ses yeux : "AvtoVAZ est le premier constructeur automobile en Russie. Les ventes de LADA représentent 25% du marché. Mais les problèmes sont nombreux et la crise les a aggravé. Il est parfaitement clair que si on ne fait rien, l'entreprise connaîtra de sérieuses difficultés, risquant alors de quitter le marché et de cesser d'exister. Nous ne pouvons pas l'admettre ! ". Pour éviter ce scénario catastrophe, Vladimir Poutine a promis au nom du gouvernement que l'État financera en partie la restructuration de l'usine de Togliatti. Non sans demander aux autres acteurs de ce dossier d'en faire de même : "Je voudrais que tous les actionnaires prennent une part égale dans ce travail commun de restructuration sur le plan du financement, le plan technique et celui du développement social. Sans quoi leur participation devra être révisée à la baisse.". Un appel clair mais qui n'a semble-t-il pas été parfaitement entendu par Renault puisque le groupe français s'est pour l'instant refusé à s'engager fermement sur une quelconque recapitalisation. Christian Estève se limitant à déclarer : "Notre premier souhait est de demeurer votre partenaire. Nous sommes et serons à vos côtés. Je crois que toutes les décisions prises par AvtoVAZ ont été douloureuses mais nécessaires. Vous pouvez compter sur Renault. Nous nous sentons socialement responsables et cela concerne aussi le projet d'entreprise d'AvtoVAZ. Nous allons donc concevoir une nouvelle gamme de modèles pour AvtoVAZ. Pour cela, nous avons besoin de fournisseurs de qualité. Si Renault, Nissan et AvtoVAZ unissent leurs efforts, il sera possible de redévelopper AvtoVAZ sur une base saine.". En ce qui concerne les fournisseurs, cette volonté devrait, selon le premier ministre, être bientôt rencontrée grâce aux subsides accordés à la création d'une zone économique regroupant plusieurs équipementiers occidentaux à Togliatti. Zone économique qui permettra par ailleurs de recaser une partie du personnel récemment licencié. Vladimir Poutine a également insisté sur l'importance pour AvtoVAZ de développer ses propres compétences au travers de son centre d'ingénierie. Affirmant que, pour ce faire, l'État allégera les charges sociales du constructeur automobile en transférant aux pouvoirs municipaux et locaux une partie de ses missions de service public (enseignement, soins de santé, etc...). Non sans répéter, encore une fois, que le gouvernement n'entend pas assumer seul le financement de ces tâches et que si tel devait être le cas, les actionnaires les moins coopératifs seront inévitablement amenés à devoir renégocier le volume de leurs parts. Rappelant qu'au printemps dernier, le gouvernement avait déjà, à la demande expresse de Renault, adapté son soutien financier à AvtoVAZ afin de ne pas diluer les parts des autres actionnaires. A bon entendeur salut donc...
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