AvtoVAZ a publié ce lundi un nouveau bilan financier pour le 1er semestre 2009, calculé cette fois sur la base des normes comptables IFRS (International Financial Reporting Standards). Il en ressort une perte sèche de 19,6 milliards de roubles qui s'explique en grande partie par le fait que la recette du groupe automobile russe au cours des six premiers mois de l'année à baissé de 45 milliards de roubles par rapport à l'an dernier pour atteindre 53 milliards de roubles. Cela essentiellement en raison de la crise et de la chute des ventes de LADA neuves qui l'accompagne. Ces dernières passant en un an de 378.000 à 169.000 unités. Ce qui se traduit par un déficit de production de -1,3 milliards de roubles et une marge globale de -2,4% (contre 12,3 milliards de roubles et 12,5% en 2008). Les dépenses liées aux "temps morts" (arrêts des chaînes en janvier, chômage économique...) se sont dans le même temps élevées à 5,7 milliards de roubles pendant que les dépenses administratives diminuaient de 0,6 milliard de rouble pour atteindre 8,2 milliards de roubles. Les frais de marketing et de production étant quant à eux abaissés de 48% pour s'établir à 2,3 milliards de roubles. Insuffisant toutefois pour compenser l'augmentation des dépenses de fonctionnement liées notamment à la recapitalisation des filiales (5,3 milliards de roubles) et à l'explosion des taux d'intérêts (4 milliards de roubles). En contrepartie, AvtoVAZ a enregistré, à titre de revenu opérationnel, la réception au 30 juin d'un emprunt de 15,2 milliards de roubles versé par Rostekhnologii dans le cadre du plan d'aide de 25 milliards accordé par le gouvernement. Cette somme a permis de réduire les créances envers les fournisseurs, de rembourser les dettes salariales et fiscales, d'assurer les livraisons de matières premières et de garantir le maintien de la production. Au total, le groupe a ainsi allégé son endettement de 14 milliards de roubles. Ce qui lui permet à nouveau de rembourser à temps ses différents emprunts bancaires. Sans l'intervention de l'État un réel "effet domino" aurait en effet été à craindre. La réduction des stocks de véhicules neufs, de pièces et de matière première a par ailleurs permis de créer une réserve financière pour pallier à une éventuelle dévaluation. En conséquence de quoi les actifs ont été réduits de 15% pour atteindre, au 30 juin 2009, la somme de 156 milliards de roubles...
Aujourd'hui, AvtoVAZ reste donc le principal constructeur automobile de Russie et entend bien le rester grâce au plan anti-crise adopté en mars 2009. Pour mémoire, celui-ci à pour buts de maintenir l'activité et la liquidité du groupe, de stimuler les ventes, de développer la production de pièces de rechange, de réduire les coûts liés à l'achat de matières premières, d'abaisser le prix de revient des modèles existants par une simplification de leurs processus de fabrication, de réduire les frais de stockage en optimisant la logistique, de diminuer les dépenses liées à la réparation et à l'entretien de l'usine, de réduire les dépenses administratives, d'optimiser le nombre de travailleurs au sein de l'entreprise et de mettre un terme aux activités non-marchandes sans rapport direct avec l'industrie automobile. Ce plan anti-crise s'emboîte dans une stratégie à long terme, votée en septembre 2009 et prévoyant des investissements jusqu'en 2014. Les objectifs étant d'éviter la faillite en assurant un rendement positif du capital investi, de préserver la place de leader sur le marché automobile russe, de conserver les prix de vente les plus bas possibles tout en assurant la rentabilité de la production, de rénover la gamme LADA, d'acquérir des niveaux de qualité plus élevés, de réduire les frais généraux, de réorganiser la production en tenant compte des économies d'échelles et de fournir de nouveaux emplois au secteur automobile russe. La direction d'AvtoVAZ assurant que les objectifs de stimulation des ventes, de réduction des dépenses opérationnelles, d'augmentation de la rentabilité et de remboursement des dettes sont en voie d'être accomplis, que les activités continuent et qu'il n'existe donc aucun risque ou intention de liquidation...
Ce que confirme d'ailleurs le premier vice-premier ministre russe Igor Chouvalov. Non sans annoncer avoir reçu de Renault-Nissan des garanties d'investissements stratégiques à long terme dans le développement d'AvtoVAZ. Ce qui lui permet désormais d'affirmer que "nous croyons que la modernisation de la production sera basée sur une technologie fournie par l'Alliance Renault-Nissan". Des propos soutenus par Igor Komarov qui déclare de son côté que "nous avons convenu d'une date précise, de montants et de prises de participation dans le financement de la construction d'une nouvelle ligne de production qui créera de l'emploi chez AvtoVAZ. Nous estimons qu'en 2012, si ces plans sont accomplis, nous commencerons la production sur une plate-forme commune à nos trois entreprises". Concrètement, AvtoVAZ, Renault et Nissan devraient collaborer autour de trois modèles représentant un investissement global de 42 milliards de roubles : le projet "R/F90" (break 5/7 places et van), une berline compacte sur base de la plate-forme "B0" et une voiture "low cost". La majeure partie de l'investissement consistant à moderniser les outils sidérurgiques et de production. AvtoVAZ et le gouvernement russe n'entendent cependant pas confier les pleins pouvoir à leurs partenaires occidentaux dans la réalisation de ces projets. Igor Chouvalov tenant à rappeler que l'usine de Togliatti dispose au travers de son centre technologique d'un important savoir-faire : "il existe probablement peu de centres en Europe de l'Est analogues à celui qu'on peut trouver à Togliatti . Travaillent ici des professionnels capables d'inventer et de concevoir des projets concurrentiels sur le marché automobile mondial. Nous devons apprendre avec nos partenaires français à mener ces élaborations jusqu'aux chaînes de montage pour qu'AvtoVAZ présente une gamme compétitive.". En attendant que les trois nouveaux modèles annoncés arrivent sur le marché, AvtoVAZ entend conserver sa place de numéro un en Russie en poursuivant ses efforts d'amélioration de la qualité des modèles existants, via le "LADA Quality Programm", et en facilitant l'accès au crédit "LADA Finance". A partir du 15 décembre prochain, le montant minimal de l'acompte sera ainsi réduit à 15% et le remboursement du solde pourra être étalé sur 5 ans. Cela tout en conservant un taux d'intérêts très alléchant de 0%...
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