La réunion "au sommet" tant attendue entre la haute direction du groupe Renault et celle d'AvtoVAZ devrait avoir lieu le 20 novembre prochain, à Moscou, en compagnie de représentants du gouvernement russe, dont le premier vice-premier ministre Igor Chouvalov. C'est ce qu'a annoncé aujourd'hui le constructeur français dans un communiqué réaffirmant sa détermination à développer ses activités en Russie. Le directeur général du comité de management de Renault pour la Région Eurasie, Christian Estève, y déclare notamment que son groupe n'a aucune intention de céder sa participation de 25 % acquise en 2007 et entend bien, au contraire, aider son partenaire stratégique à se sauver. Pour ce faire, le Losange serait prêt à investir dans la construction d'une nouvelle unité de production susceptible d'assembler cinq nouveaux modèles d'ici 2012. Issus de la plate-forme "B0", ceux-ci seraient badgés LADA pour deux d'entre eux, Renault pour deux autres et Nissan pour le dernier. Le coût estimé de cet investissement serait de 240 millions €, financés à 25 % par AvtoVAZ et à 75 %, sous forme d'argent frais et/ou de technologies, par l'alliance Renault-Nissan. Des plans et chiffres provisoires puisque ceux-ci doivent encore être négociés lors de la réunion du 20 novembre prochain. Pour Christian Estève, la production de modèles Renault et Nissan à Togliatti ne signifie toutefois pas la fin programmée de la marque LADA : "En dépit de ce que j'entends souvent, nous ne voulons pas voir disparaître la marque LADA. Au contraire, nous voulons présenter cette marque sous un style moderne et attrayant. Nous transférons notre technologie à AvtoVAZ et je suis certain que de nouvelles voitures russes de grande qualité sortiront des chaînes d'assemblage de Togliatti à partir de 2012" a-t-il en effet affirmé. LADA qui continuera par ailleurs de proposer de nouveaux modèles développés sur ses propres plates-formes comme l'a annoncé ce vendredi Oleg Grunenkov, responsable du projet "low cost" d'AvtoVAZ. Prévu au plus tard pour 2012, ce projet également appelé LADA 2190 se basera effectivement sur l'actuelle LADA Kalina et utilisera de nombreux éléments de la gamme actuelle. Cela bien évidemment pour des questions d'investissements, limités au strict minimum, mais aussi pour proposer une voiture qui soit la moins chère possible. L'objectif étant de ne pas dépasser la barre des 300.000 roubles pour la version "sedan". Le prix définitif ne sera toutefois fixé qu'au moment où la commercialisation sera prête à être lancée. Tout comme les volumes de production qui seront définis six mois seulement avant le lancement des premiers exemplaires. Cela pour coller au mieux aux réalités du marché. Toujours par soucis d'économies, le nombre de composants sera réduits par rapport à celui des LADA Kalina et la priorité sera donnée aux matériaux simples et peu onéreux. Ce qui n'exclut pas un effort au niveau de la qualité. Les négociations avec les fournisseurs ont d'ailleurs déjà débuté en ce sens. Consommation et fiscalité seront également revu à la baisse au travers d'un moteur de petite cylindrée, élaboré sur l'actuel 1.4 16V mais doté d'une culasse allégée de huit soupapes. Par la suite, AvtoVAZ entend élargir sa gamme "low cost" au moyen de versions "hatchback" et "universal". La clientèle visées par ces modèles étant celle des LADA Classica et LADA Samara. Sans oublier bien sûr celle qui jusqu'alors préférait les occasions étrangères. L'autre objectif étant, on s'en doute, de préserver mais aussi d'accroître la part de marché occupée par LADA en Russie. En attendant, AvtoVAZ espère voir ses ventes augmenter de 50 % en 2010 par rapport à 2009 et assembler ainsi quelques 445.000 voitures. Ce qui devrait permettre, et ce n'est pas rien, de rétablir l'équilibre financier...
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